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Forces aillées

Crée le 03/10/2019

poêlée de cèpes

Au printemps 1944, lorsqu’il fallut propager la nouvelle du débarquement en Normandie, les agents français de la BBC optèrent pour les violons de l’automne, dont les sanglots longs font rien qu’à blesser le cœur de Verlaine d’une langueur monotone. Sans doute cette référence à l’automne n’était elle pas dûe au hasard car les speakers exilés sur les rives de la Tamise savaient parfaitement qu’il n’est en France saison plus fertile et flamboyante que cella qui arrive par l’équinoxe du 22 septembre.

Au J’Go, c’est un autre genre de débarquement que suggère l’automne. Celui des saveurs restées en sommeil, celui du gratin de poires et sabayon au Mauzac, celui du parmentier citrouille-pommes de terre, celui du Doublon de Barèges Gavarnie, celui de la confiture de figues, des haricots Tarbais et celui des vins généreux, un temps abandonnés au profit de nectars moins riches taillés pour les agapes estivales.

Certes, il s’agit d’une armée de temps de paix, menée par des pâtres, des éleveurs, des maraichers, des cuistots et des vignerons mais elle n’en demeure pas moins guerrière, qui lutte pour la défense du terroir, la survie de ceux qui les subliment et le respect des saisons.

Nul besoin d’avaler ses haricots la main sur le cœur ou d’entonner la Marseillaise en grignotant sa tartine de pastifret pour rejoindre ces forces aillées, il suffira d’une poignée de châtaignes et d’un verre de vin pour faire du terroir un idéal et de l’automne une patrie.